Go to contentGo to menuGo to searchGo to the news list

EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


Main navigation

    Search

    Breadcrumb

    La recherche en littérature environnementaleRessources pour tous

    Wenceslao Fernandez Florez - El bosque animado

    Wenceslao Fernandez Florez - El bosque animado

    • Share this page on social networks
    • E-mail this page

      Envoyer par mail


      Séparés par des virgules
    • Print this page

    El bosque animado

    Références de l'ouvrage

    FERNÁNDEZ FLOREZ, Wenceslao, El bosque animado, 28ème édition, Madrid, ed. Espasa Calpe, col. Austral, 2002, 291 pages. Prologue et notes de José Carlos Mainer [1ère édition : 1943]
    Il n’existe pas, à notre connaissance, de traduction en français. Son adaptation cinématographique par José Luis Cuerda, en 1987, a été diffusée en France sous le titre La forêt animée. Un film d’animation, La forêt enchantée, d’Angel de la Cruz et Manolo Gomez, est sorti également sur les écrans en 2003.

    L’auteur

    Wenceslao Fernández Florez naît en 1885 dans la ville galicienne de La Coruña, et il connaît très bien le monde rural de cette province, en particulier la zone de  Cecebre, où il passe tous ses étés à partir de 1913, et qui sert de cadre, entre autres, à El bosque animado. Il mène de front une carrière de journaliste et de romancier, avec une quarantaine de romans publiés, dont certains connaissent un grand succès public, et ont été adaptés plusieurs fois au cinéma (en 1945, 1987 et 2001 pour El bosque animado). Il rentre à l’Académie Espagnole en 1945, et meurt à Madrid en 1964.

    Résumé

    Le roman se compose de 16 chapitres juxtaposés, qui ont comme fil conducteur de se dérouler dans une forêt de la province de La Coruña, la « fraga de Cecebre », amplement décrite dans le premier de ces chapitres. Les protagonistes sont soit des habitants du lieu, soit des animaux, voire des arbres, qui vivent des péripéties quotidiennes : l’amour entre deux jeunes gens, la recherche de nourriture, la perte d’une somme d’argent, le creusement d’un puits, les soins aux vaches, la vente du lait, etc. Sont présents aussi dans ces narrations des personnages pittoresques, appartenant au folklore rural galicien : la « meiga » sorcière plus guérisseuse que malfaisante, le « bandit » Fedetestas, qui abandonne ses intentions délictueuses pour porter secours à son prochain, et enfin la « Santa Compaña », procession d’âmes en peine, censée hanter les lieux. 

    Tout ce monde, vit en bonne harmonie dans un univers forestier où tous, et pas seulement les humains, semblent avoir une âme. De ce fait, la prosopopée est une figure littéraire fréquente.

    La présence de la question environnementale dans le texte :

    Les thèmes écologiques sont-ils centraux ou marginaux dans le texte ?

    Il est difficile de parler d’écologie pour un roman écrit au début du franquisme, une époque où trouver de quoi survivre est l’unique préoccupation de beaucoup d’Espagnols, et l’auteur, qui n’est pourtant pas un opposant au régime, ne cache pas la pauvreté de certains de ses personnages. Mais tous, pauvres ou riches, animaux ou humains, n’assurent leur survie qu’en vivant en symbiose avec la forêt, sorte de mère nourricière et protectrice, et cette symbiose est valorisée, comme seule possibilité de survie. Le progrès qui pourrait ouvrir les habitants à une autre vie n’est représenté que par le train lent, brinquebalant et comme souffrant, qui assure le ramassage du lait et amène quelques travailleurs à la ville.

    Ce qui fait l’originalité de ce roman, c’est justement la présentation d’un tel univers, qui reste harmonieux car les tensions sociales et les problèmes quotidiens semblent s’y dissoudre. Dans la littérature espagnole de ces années-là, ces tensions débouchent plutôt sur la violence.

    Les événements liés à l’écologie sont-ils réels ou imaginaires ?

    Il n’y en a pas, à proprement parler. C’est l’animisme ambiant – et incongru pour l’époque – qui donne à ce roman son caractère écologique avant la lettre.

    Le texte et/ou les images font-ils apparaître des personnages assimilables à des figures typiques en lien avec l’écologie ?

    Non. Aucun des personnages ne mène de combat écologique à proprement parler. Ils se contentent tous de vivre en harmonie avec les végétaux et animaux qui les entourent, dans un écosystème qui n’est pas menacé, et qu’ils ne ressentent pas comme une menace.

    Citation

    « Un día llegaron unos hombres a la fraga de Cecebre, abrieron un agujero, clavaron un poste y lo aseguraron apisonando guijarros y tierra a su alrededor. Subieron luego por él prendiéronle varios hilos metálicos y se marcharon para continuar el tendido de la línea.
    Las plantas que había en torno al reciente huésped de la fraga permanecieron durante varios días cohibidas con su presencia, porque ya se ha dicho que su timidez es muy grande. Al fin, la que estaba más cerca de él, que era un pino alto, alto, recio y recto, dijo :
    - Han plantado un nuevo árbol en la fraga.
    Y la noticia, propagada por las hojas del eucalipto que rozaban al pino, y por las del castaño que rozaban al eucalipto, y por las del roble que tocaban las del castaño, y las del abedul que se mezclaban con las del roble, se extendió por toda la espesura. Los troncos más elevados miraban por encima de las copas de los demás, y cuando el viento separaba la fronda, los más apartados se asomaban para mirar.
    - ¿Cómo es ? ¿Cómo es ?
    - Pues es –dijo el pino- de una especie muy rara. Tiene el tronco negro hasta más de una vara sobre la tierra, y después parece de un blanco grisáceo. Resulta muy elegante.
    - ¡Es muy elegante, muy elegante ! –transmitieron unas hojas a otras.
    - Sus frutos, -continuó el pino fijándose en los aisladores- son blancos como las piedras de cuarzo y más lisos y más brillantes que las hojas del acebo.
         Dejó que la noticia llegase a los confines de la fraga y siguió :
    - Sus ramas son delgadísimas y tan largas que no puedo ver dónde terminan. Ocho se extienden hacia donde el sol muere. Ni se tuercen ni se desmayan y es imposible distinguir en ellas un nudo, ni una hoja, ni un brote. Pienso que quizás no sea ésta su época de retoñar, pero no lo sé. Nunca vi un árbol parecido. »

      Un jour des hommes arrivèrent dans la forêt de Cecebre, ils creusèrent un trou, y plantèrent un poteau et le consolidèrent en tassant des cailloux et de la terre autour. Ils y montèrent, lui accrochèrent plusieurs fils métalliques et s’en furent pour continuer l’installation de la ligne.
      Les plantes qui se trouvaient autour de cet hôte de fraîche date furent, pendant quelques jours, inhibées par sa présence, parce que, comme nous l’avons déjà dit, leur timidité est très grande. Enfin, celle qui était la plus près de lui, un pin haut, haut, solide et droit, dit :
    - On a planté un nouvel arbre dans la forêt.
       Et la nouvelle, propagée par les feuilles de l’eucalyptus qui frôlaient le pin, par celles du châtaignier qui frôlaient l’eucalyptus, par celles du chêne qui touchaient celles du châtaigner, et celles du bouleau, qui se mélangeaient avec celles du chêne, se répandit dans tout le couvert. Les troncs les plus haut regardaient par-dessus la cime des autres, et quand le vent écartait le feuillage, les plus éloignés se penchaient pour voir.
    - Comment est-il ? Comment est-il ?
    - Il est –dit le pin- d’une espèce très curieuse. Il a un tronc noir jusqu’à une aune au-dessus de la terre, et après il semble d’un blanc grisâtre. L’effet est très élégant.
    - Il est très élégant ! Il est très élégant ! Transmirent les feuilles des unes aux autres.
    - Ses fruits -poursuivit le pin en regardant les isolateurs- sont blancs comme les pierres de quartz et plus lisses et brillants que les feuilles du houx.
       Il laissa la nouvelle arriver aux confins de la forêt, et continua :
    - Ses branches sont très minces et si longues que je ne peux pas en voir la fin. Huit s’étendent vers l’endroit où le soleil meurt. Elles ne se tordent pas, ne s’évanouissent pas et on ne peut y distinguer un nœud, ni une feuille, ni une pousse. Je pense que ça ne doit pas être son moment pour bourgeonner, mais je ne sais pas. Je n’ai jamais vu d’arbre de ce genre.
    p. 45-46 (trad. R. Mogin-Martin) 

    Mots-clefs

    animaux / forêt / Galice / symbiose avec la nature

     

     

    Fiche réalisée par Roselyne MOGIN-MARTIN                                       

    Catégorie générique

    Roman jeunesse (jeune adulte)