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EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


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    Marie-Hélène Lafon - Les Derniers Indiens

    Marie-Hélène Lafon - Les Derniers Indiens

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    Les Derniers Indiens

    Références de l'ouvrage

    LAFON, Marie-Hélène, Les Derniers indiens, Buchet-Chastel, Paris, 2008, 204 pages. 

    L’auteur

    Marie-Hélène LAFON est professeur de lettres classiques, son premier roman Le Soir du chien a reçu le prix Renaudot des lycéens. Elle écrit, sur le site de la Maison des Ecrivains : « Je dis aussi que j’écris à la lisière, en lisière. C’est d’abord sociologique ; je viens de loin, d’un monde, une famille de paysans du Cantal, où le livre existait peu […]. Je suis dans cette échappée, cette séparation du lieu d’origine sociale et culturelle. […] c’est l’apanage des transfuges sociaux, d’où qu’ils viennent. C’est ce que j’appelle être à la lisière, entre deux mondes, en tension entre deux pôles, tension féconde et constitutive, je le crois, de l’écriture. »

    Résumé

    Jean et Marie, un frère et une sœur, sont les derniers membres des Santoire, illustre famille de paysans d’un petit village auvergnat. Ils ne sont pas mariés et n’ont pas eu d’enfant, à cause de l’orgueil de leur famille repliée sur des conventions sociales d’un autre temps, et rongée par la jalousie envers leurs voisins parvenus, les Lavigne. Entre souvenirs, événements présents et anticipation de ce qu’il adviendra après la mort de la fratrie, le roman donne à voir à travers les yeux de Marie la manière dont la lignée des Santoire et leur ferme ont dépéri alors que les voisins, les Lavigne, vivants et intégrés à la vie moderne, ont fait fortune avec une gestion modernisée de leur exploitation.

    La présence de la question environnementale dans le texte :

    Les thèmes écologiques sont-ils centraux ou marginaux dans l’ouvrage ?

    Le roman a pour matière l’histoire des Santoire, la question environnementale est marginale. Elle se perçoit néanmoins à travers divers signes du rapport modifié à l’environnement dans le monde moderne : la modernisation de la ferme des Lavigne et leur mode de vie consumériste, une mention de l’usine Michelin où les employés « respiraient de sacrés produits qui vous trouent les poumons » (p. 130), une brève évocation de la pollution de la rivière Santoire, et enfin une mention du « tourisme vert » (p. 176) dans le Cantal.

    Les événements liés à l’écologie sont-ils réels ou imaginaires ?

    Ce sont des événements réels, avec des références toponymiques réelles, et qui tracent en filigrane l’évolution de la condition paysanne au cours des dernières décennies, même si l’histoire demeure fictionnelle.

    Le texte fait-il apparaître des personnages assimilables à des figures typiques en lien avec l’écologie ?

    La famille Lavigne est archétypale dans son rapport à la société de consommation, elle fait partie de la société moderne, est dépeinte comme heureuse, mais par un tel mode de vie les Lavigne deviennent en quelque sorte des animaux selon le point de vue des Santoire. A contrario, les Santoire, qui n’ont pas su évoluer en même temps que la société, incarnent une humanité policée, civilisée, respectueuse des coutumes et de l’environnement, mais désuète.

    Citations

    « Ils dépensaient beaucoup pour nourrir les quantités de bêtes qu’ils avaient, avec des aliments qui arrivaient par camions entiers, des aliments dont on ne comprenait pas le nom, déshydratés, broyés, de la pulpe, des arachides, des farines, et de l’herbe en bottes considérables rectangulaires. » (p. 63)

    « Les voisins produisaient beaucoup de déchets. C’étaient des cartons, de vieux journaux, des emballages de légumes de viande de gâteaux surgelés, des boîtes de conserve mal vidées, ouvertes à la sauvage, couvercle tordu, des bouteilles de jus de fruits de sirop d’eau gazeuse, parfois des vêtements usagés ou une couverture ancienne, épaisse et trouée, des paniers hors d’âge, des casseroles antédiluviennes, le tout enchevêtré, visiblement manifeste, énorme, tonitruant. » (p. 132-133)

    [Au sujet des Lavigne] « de l’autre côté de la route les femelles fertiles étaient engrossées, déposaient leur fardeau, repartaient en campagne ; ça naissait de toutes parts, sans répit, ça grandissait au hasard, ça poussait, comme des légumes disait la mère quand elle se trouvait d’humeur bénigne. » (p. 137)

    Mots-clefs

    ferme / paysannerie / campagne

     

     

    Fiche réalisée par Cécile BOUDEAU

     

     

    Catégorie générique

    Roman

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