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EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


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    Lapoix et Blancou - Energies extrêmes

    Lapoix et Blancou - Energies extrêmes

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    Energies extrêmes

    Références de l'ouvrage

    LAPOIX, Sylvain (enquête et scénario), BLANCOU Daniel (dessin et couleur), Énergies extrêmes, Futuropolis, Paris, 2014, 124 pages.

    L’auteur

    Sylvain Lapoix est un journaliste politique engagé qui travaille pour OWNI (un média d’enquête, de reportage et de data-journalism, et dédié aux cultures numériques ainsi qu’aux nouveaux enjeux de société) depuis septembre 2010.
    Daniel Blancou est un dessinateur de bandes dessinées qui a commencé par travailler pour l’édition jeunesse. Énergies extrêmes est sa cinquième BD.
    Énergies extrêmes
    est né du projet de Sylvain Lapoix de mettre en BD son enquête, conseillé par un collègue qui « y voyait l’occasion de raconter tout ce qui ne tenait pas dans les articles ». Pour choisir son coauteur, Sylvain Lapoix a recherché quelqu’un « qui sache dessiner des personnes en gros plan, des machines et des paysages vides ». Publié en 3 volets dans La Revue Dessinée (magazine trimestriel de reportages, documentaires et chroniques en bande dessinée), ce reportage a été remonté et complété pour sa publication en album.

    Résumé

    La bande dessinée présente l’enquête à la première personne du journaliste Sylvain Lapoix. Son intérêt pour le sujet des gaz de schiste débute en 2013, alors qu’il est conduit à réaliser un documentaire sur les hydrocarbures. L’autre déclic est la forte médiatisation du sujet lorsque le film Gasland est projeté sur les écrans en 2010. De là, le journaliste mène un travail d’investigation qui mêle des données historiques (les premières expérimentations de fracture hydraulique, en 1949, et les multiples tentatives de perfectionnement de la technique, souvent avec le recours à du matériel militaire) sous la forme d’analepses, des rencontres avec des victimes et militants anti gaz de schiste, une chronique de la vie politique française depuis les années 90 sur le sujet sensible des gaz de schiste. Nous avons affaire à un reportage dont la structure narrative ressemble fortement aux documentaires télévisés des magazines de reportage. La bande dessinée prend toutefois une tournure plus personnelle, par un ton assez libre, ainsi que par des détails qui concernent personnellement l’auteur, notamment lorsqu’il découvre qu’il existe un site d’extraction tout près du lieu où il a grandi.

    Mais surtout, avec le choix du médium de la bande dessinée, la métaphore du jeu de société trouve sa pleine concrétisation : Daniel Blancou a opté pour des planches avec un dessin simple et réaliste, en ligne claire, avec des aplats de couleurs dans une gamme chromatique assez réduite. Les cases sont contigües, séparées seulement par un trait, comme les cases d’un plateau de jeu de société. Cet effet est renforcé par une fréquente disposition des planches en damier, avec des cases de taille égale. Or l’enquête est fondée sur cette analogie troublante entre le jeu de société (les puissants, politiques et industriels en particulier, se sont lancés dans une compétition digne du Monopoly, car chaque forage est un pari) qui trouve son acmé dans la double page 114-115, où le célèbre jeu est littéralement redessiné.

    La présence de la question environnementale dans le texte :

    Les thèmes écologiques sont-ils centraux ou marginaux dans le texte ?

    L’écologie est le thème central de l’ouvrage. Ici, les problèmes écologiques sont très clairement associés à des questions de politique et d’économie. Le devenir de la planète est joué au bénéfice (financier) d’une poignée de puissants qui trouvent leur intérêt dans l’exploitation déraisonnable des ressources naturelles, et cela au détriment de nombreuses victimes réduites au silence ou dont la protestation est toujours assourdie.

     Les événements liés à l’écologie sont-ils réels ou imaginaires ?

    Les informations données sont réelles, conformément à l’objectif fixé par la bande dessinée d’investigation.

     Le texte et/ou les images font-ils apparaître des personnages assimilables à des figures typiques en lien avec l’écologie ?

    Les personnes représentées sont réelles, et ne peuvent donc pas être réduites à des types. Cependant, elles sont pour certaines emblématiques d’un positionnement idéologique (Ronald Gulla, l’une des premières victimes américaines, devient un messager d’alerte pour la population par exemple).

    Citation

    [p. 121 : page constituée de 3 bandes horizontales : la bande supérieure divisée en une case de format double et d’une case de format simple ; la bande centrale divisée en trois cases de format simple et la bande inférieure de deux cases de format simple et d’une case de format simple mais « ouverte », sans bordure à droite et en bas. L’effet général est celui d’un damier imparfait, avec une forte symétrie suscitée par la correspondance des couleurs : indigo et jaune pour la première case et les deux dernières, gris et brun pour les petites cases entre ces deux extrémités.]

    Au-dessus de la planche illustrée : « Prenons une hypothèse. »
    Case1 :
    image : plan général d’un aéroport dans lequel apparaît la queue d’un avion en cours de chargement / texte : « Imaginons que, comme nous le promettent les industriels, une technique à l’impact environnemental minime soit développée pour extraire les gaz de schiste, huiles de schiste, sables bitumineux et tous leurs amis. »

    Case 2 :
    image : file de voyageurs de dos en manteaux et bagages / texte : « Du fracking à base de violettes et de crin de poney dont l’eau serait à 100% potable à la sortie, que sais-je. D’ailleurs ce n’est pas tant une hypothèse que ça. »

    Case 3 :
    image : gros plan sur un passeport français et une carte d’embarquement aérien / texte : « Le rapport parlementaire sur les alternatives à la fracturation hydraulique dont je vous parlais avait déniché une entreprise, eCorpStim, proposant de fracturer le schiste avec du propane non inflammable. »

    Case 4 :
    Image : Le narrateur journaliste en plan moyen, de face, dans l’attente ; derrière lui un homme utilise un pulvérisateur de Ventoline / texte : « De l’heptafluoropropane, du même genre que celui utilisé dans les pulvérisateurs de Ventoline. »

    Case 5 :
    Image : le plan s’est resserré sur l’image précédente, l’homme a posé sa main sur sa cage thoracique / texte : « Sa technique serait moins invasive, moins polluante, sans produits chimiques grâce à un produit réutilisable. »

    Case 6 :
    Image : case en partie vide, seule apparaît une valise roulante rouge tirée par un personnage presque entièrement hors champ / texte : « Le débat sur les gaz de schiste s’est tellement focalisé sur la fracturation hydraulique que, rien qu’en enlevant cette question, il semble s’évanouir tout entier. »

    Case 7 :
    Image : gros plan sur un réacteur d’avion (celui de la case 1) / texte : « Et c’est peut-être là la plus grande victoire des défenseurs des énergies extrêmes : avoir fait oublier que ces gaz et pétroles étaient d’abord arrachés à leurs réservoirs pour être brûlés et rejetteraient donc des gaz à effet de serre. »

    Case 8 :
    Image : silhouettes d’oiseaux en vol qui s’éparpillent au-delà de l’emplacement de la case, comme sortant de la planche / texte : « Ils nous ont fait oublier le changement climatique. »

    Mots-clefs

    corruption / énergie / pollution / responsabilité humaine / réchauffement climatique

     

    Fiche réalisée par Blandine CHARRIER                                   

    Catégorie générique

    Bande dessinée documentaire