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EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


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    Koji Yoshimoto - Santetsu

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    Santetsu, 11 mars 2011 – Après le cataclysme

    Références de l'ouvrage

    YOSHIMOTO, Koji, Santetsu, 11 mars 2011 – Après le cataclysme, [2012], traduit du japonais par Satoko Fujimoto et Anthony Prezman, Glénat, Grenoble, 2013, non paginé (192 pages).

    L’auteur

    Yoshimoto est un mangaka né en 1973 à Toyama. Dans le court épisode en BD à la fin de l’ouvrage et la postface, l’auteur raconte la genèse de ce manga Santetsu. Il s’agit d’une commande passée par les éditeurs de @brunch, qui souhaitaient faire un manga sur la ligne de train de Sanriku à l’appui d’un ouvrage documentaire intitulé Carte des voyages en chemin de fer, rapport des catastrophes de l’est du Japon. Dubitatif dans un premier temps, Yoshimoto a accepté, malgré sa crainte de ne pas être à la hauteur de la gravité du sujet, « pour pouvoir transmettre, ne serait-ce que des fragments de la tristesse et de l’impact des catastrophes de Santetsu » (postface).

    Résumé

    Le manga publié initialement en feuilleton compte 5 épisodes suivis de multiples annexes : un tableau chronologique de l’histoire du chemin de fer Sanriku, des cartes de la zone sinistrée en 2011, un entretien croisé de l’auteur du manga et de celui d’un ouvrage évoqué dans le manga intitulé Dépouille – Au bout du séisme et du tsunami, des bonus en BD, le tout clôturé par une postface. Il est dessiné dans un style réaliste.

    Dans ce manga de reportage, l’auteur recueille les témoignages des principaux acteurs de la société de chemin de fer Santetsu à la suite du séisme survenu à l’est du Japon le 11 mars 2011. La bande dessinée alterne les séquences présentes, où l’on voit le mangaka et l’éditeur qui l’accompagne interroger les témoins ou se rendre sur les lieux sinistrés avec les séquences remémorées, qui déroule le récit de la catastrophe par ceux qui l’ont vécue. Les deux premiers épisodes sont consacrés à la catastrophe elle-même, et montre notamment comment deux conducteurs de train bloqués par le séisme ont réussi à sauver leurs passagers. Les troisième et quatrième épisodes mettent l’accent sur la volonté de toute l’équipe de Santetsu, à commencer par son président, de rouvrir la ligne de train de Sanriku dès la fin du mois de mars. Sont mobilisés dans l’effort les employés de l’entreprise, les forces d’autodéfense mais aussi les habitants des communes où passe le train. L’État consent également à apporter le soutien financier nécessaire pour cette entreprise. Cette partie est enrichie d’un encart documentaire avec des photos, cartes et tableaux statistiques sur la restauration de la ligne. Le dernier épisode fait place au témoignage des personnes qui se reconstruisent après le séisme et tentent de surmonter le traumatisme. La prise en charge des défunts est évoquée à travers l’interview de Kota Ishii, auteur de Dépouille – Au bout du séisme et du tsunami, un reportage sur l’entrepôt des cadavres à Kamaishi. Ce dernier volet du manga met en valeur la solidarité et le courage de la population face à la catastrophe et s’achève sur l’attente du printemps, signe du renouveau attendu après des mois de souffrance. On notera que ce manga parle abondamment du séisme du 11 mars 2011 et du tsunami qui l’a accompagné, mais qu’il n’est jamais question de la catastrophe nucléaire liée à l’endommagement de la centrale de Fukushima (seule une case fait mention de cet aspect de la catastrophe « À cette époque, à Tokyo, on parlait plus de la centrale nucléaire que du séisme et du tsunami… », épisode 4, « Le mur »)

    La présence de la question environnementale dans le texte :

    Les thèmes écologiques sont-ils centraux ou marginaux dans le texte ?

    La catastrophe naturelle est le point de départ de toute l’histoire développée dans ce manga, qui met cependant l’accent sur l’aventure humaine qu’elle suscite, dans la mesure où le séisme et le tsunami sont à l’origine à la fois d’un traumatisme profond et du déploiement d’une énergie humaine de grande ampleur. Les conséquences écologiques de la catastrophe ne sont toutefois jamais évoquées (rappelons le silence autour de l’endommagement de la centrale de Fukushima) dans la mesure où ce reportage prend le parti de se concentrer sur la reconstruction de la ligne de chemin de fer.

    Les événements liés à l’écologie sont-ils réels ou imaginaires ?

    Ce manga décrit une catastrophe réelle avec beaucoup de réalisme et insiste sur le caractère spectaculaire et définitif de sa manifestation. Les images du tsunami (des plans généraux en plongée), au moment de la submersion et après son passage, montrent un paysage apocalyptique dévasté. Elles attisent le ton pathétique qui imprègne le manga (cf. le témoignage édifiant des personnages rencontrés, par exemple : « Dans une guerre, même dans la cruauté la plus atroce… on arrive à trouver 1% d’humanité… (…) Mais le séisme et le tsunami n’ont même pas 1% de cœur… La destruction est totale !! Ils anéantissent même les racines !! »)

    Le texte fait-il apparaître des personnages assimilables à des figures typiques en lien avec l’écologie ?

    Les figures héroïques sont nombreuses dans le manga, participant à l’élaboration d’un récit collectif de la reconstruction par la persévérance et le courage. D’ailleurs, l’analogie entre la remise en marche du train de Sanriku en 2011 et celle du train d’Hiroshima en 1945, explicitement établie par le professeur Takeshi Hara, contribue à dérouler le fil de cette histoire héroïque. La nature est perçue et montrée dans ce manga comme une épreuve destinée à révéler la force et la grandeur du peuple japonais, ce qui participe à sa déréalisation et à son instrumentalisation.

    Citations

    [Remarque : La bande dessinée se lit dans le sens de lecture original, c’est-à-dire de droite à gauche et de haut en bas. Début de l’épisode 3, « Pour la réouverture »]

    3e page de l’épisode : [La scène-cadre se déroule dans un wagon de train reconverti en siège provisoire de Santetsu]

    case 1 : (l’image est synchronique tandis que la voix narrative décrit un temps passé, celui de l’origine de la gare de Shimanokoshi) plan large sur une partie du site de la gare, un amas de décombres dans lequel apparaissent trois personnes qui s’affairent. Voix narrative : « Le chemin de fer Sanriku a été fondé après le tsunami de 1896, dans les zones sinistrées… dans le but de créer un transport en commun sûr. »

    case 2 (analepse dans l’image et le texte) : plan d’ensemble d’un viaduc surplombant le rivage, un train y passe. Voix narrative : « C’est pourquoi la solidité de l’infrastructure avait été aussi développée… comme le viaduc en béton ou le pont de chemin de fer. »

    case 3 : (retour au présent de la catastrophe) plan d’ensemble du panorama dévasté (impossible de reconnaître le paysage de la case 2 dans la case 3) jonché de débris. Voix narrative : « Et pourtant, la gare Shimanokoshi que nous croyions la plus robuste… se retrouvait dans cet état… »

    case 4 : (retour au lieu-cadre, dans le wagon) plan moyen sur trois employés, qui manifestent des signes de fébrilité (tremblement et transpiration). L’un pense « Mon dieu, reconstruire de là… », un autre « Santetsu est peut-être foutu… ».

    case 5 : De dos, dans la case, un nouveau personnage les interpelle, c’est le Président : « Ce n’est pas le moment de vous laisser décourager… » tandis que l’un des trois employés sortis de leur prostration s’exclame « Hein ? »

    case 6 (occupe toute la largeur de la page) : Gros plan des visages d’une partie du groupe d’hommes rassemblés dans le wagon. Le Président, déterminé, déclare « On va vite faire redémarrer le train ! » tandis les trois employés, de dos, sont stupéfaits, bouche ouverte.

    Mots-clefs

    catastrophe / industrie / Japon / propagande / responsabilité humaine / résilience

     

     

    Fiche réalisée par Blandine CHARRIER

    Catégorie générique

    Manga Seinen