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EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


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    Henri Vincenot - Le maître des abeilles

    Henri Vincenot - Le maître des abeilles

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    Le Maître des abeilles

    Références de l’ouvrage

    VINCENOT, Henri, Le maître des abeilles,
    coll. Folio, Gallimard, Paris, 1989
    (1ère édition : 1987 chez Denoël), 158 pages.

    L’auteur

    Henri Vincenot (1912-1985) est un écrivain et peintre bourguignon souvent catalogué comme régionaliste et plus particulièrement lié au Morvan montagnard. Après un diplôme d’HEC et un service militaire au Maroc, il devient rédacteur à La vie du rail tout en élevant des moutons. Le maître des abeilles est son dernier écrit, premier volet d’une chronique inachevée de la vie rurale du village fictif de Montfranc-le-Haut.

    Résumé

    En plein cœur du printemps et lors de la Semaine Sainte (ce qui fait du récit, intitulé « chronique », une célébration syncrétique de la nature, mi-chrétienne, mi-païenne), Louis Chagniôt, Bourguignon monté à Paris travailler dans un bureau, voit en rêve la maison familiale s’écrouler dans la campagne du Morvan. Il part observer les dégâts en emmenant avec lui son fils drogué, le jeune Loulou. Ils retrouvent le patriarche Balthazar, dit « le Mage », apiculteur et vieux sorcier qui les convainc peu à peu des vertus d’un retour à la terre, guérissant par le miel et le verbe tous les maux sociaux contractés en ville. Si le père retourne à sa vie urbaine, le fils reste qui s’éprend de la jeune Catherine, parangon du pastoralisme retrouvé.

    La présence de la question environnementale dans le texte :

    Les thèmes écologiques sont-ils centraux ou marginaux dans le texte ?

    Ecologie et environnement sont deux mots absents du texte qui pour autant, tourne entièrement autour du lien social et des liens entre les hommes et la terre, entre une modernité technicienne et urbaine qui lui tourne le dos et des modes de vie agro-pastoraux qui en connaissent les moindres détails. L’originalité du livre tient à sa richesse lexicale, à l’usage du dialecte et de l’étymologie (parfois fantaisiste) pour à la fois décrire l’écosystème, le terroir, et dénoncer les dogmes du « progrès » technique industriel en retournant contre lui-même son propre jargon creux, de façon comique.

    Les événements liés à l’écologie sont-ils réels ou imaginaires ?

    Le texte repose sur un substrat solide puisqu’il évoque très directement la mécanisation, les pesticides et les engrais, les trois piliers aujourd’hui reconnus de l’asphyxie des sols. Il développe aussi un fantasme assez caricatural du village idéal opposé trait pour trait à la ville diabolisée, le problème étant alors l’opposition manichéenne entre les valeurs traditionnelles et la société post-moderne d’urbains nécessairement à la dérive : Vincenot cible par exemple les féministes du MLF au nom d’un bon sens naturel largement contestable.

    Le texte fait-il apparaître des personnages assimilables à des figures typiques en lien avec l’écologie ?

    Le paradoxe du Mage est assez représentatif du patriarche, figure centrale de la vie des communautés (multiples dans les années 70, dont émane la chronique) : il est un prophète dont l’autorité morale certaine sert la cause de l’absence d’autorité, selon une forme d’écologie anarchiste. Il faut noter aussi l’ambiguïté des relations entre homme et animal, ici avec les abeilles qui sont à la fois le motif d’une nature libératrice et bienfaitrice, et l’image d’une certaine société moderne prise pour cible, où l’Etat assouvit les citadins en les rendant incapables de rien faire par eux-mêmes.

    Citation

    « C’est là que j’ai flairé que votre Progrès consistait de plus en plus à faire chèrement et difficilement les choses simples, faciles et bon marché. » (p.122)

    Mots-clefs

    agriculture / animaux / abeilles / décroissance / mécanisation / régionalisme / ruralité / terre / ville / campagne

     

    Fiche réalisée par Bertrand GUEST                                   

    Catégorie générique

    Récit de littérature générale