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EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


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    Henri Bosco - L'Enfant et la rivière

    Henri Bosco - L'Enfant et la rivière

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    L'Enfant et la rivière

    Références de l'ouvrage

    BOSCO, Henri, L’enfant et la rivière, Gallimard, Paris, [1945] 1987, 150 pages.

    L’auteur

    Enfant d’Avignon où il fait ses humanités aux lueurs du Félibrige, épris de culture classique et d’orphisme antique, Henri Bosco (1888-1976) enseigne à Naples après avoir servi en Orient entre 1914 et 1918. Il s’installe pour vingt-cinq ans au Maroc après des Églogues sur la mer (1928) et le début de la trilogie de Hyacinthe (L’Âne Culotte, 1930). Le prix Renaudot (1945, pour Le mas Théotime) le consacre en poète du Luberon. Des travaux universitaires insistent de son vivant sur le mysticisme de son œuvre et ses liens avec le romantisme d’un Novalis.

    Résumé

    Pascalet raconte son enfance dans la campagne provençale. La rivière lui étant interdite, c’est vers elle que son attention le porte. Alors que la tante Martine l’en dissuade, le vieux Bargabot, pêcheur braconnier, l’encourage sans rien dire à céder à cet appel irrésistible. Monté dans une vieille barque sans rames, l’enfant dérive sur le mystérieux cours d’eau jusqu’à rencontrer des Bohémiens brutaux cachés avec leur ours sur une île sauvage. Il s’y fait un ami en Gatzo, leur prisonnier qu’il aide à s’échapper et auprès de qui il s’initie au monde magique du cours d’eau, jusqu’à fraterniser. C’est le « temps des eaux dormantes », dix jours d’une nouvelle Genèse où nommer et refaire le monde, cachés dans un bras mort de la rivière. La rencontre avec Hyacinthe et son âne Culotte marque la fin de l’enfance et le retour, grandi, au monde des hommes.

    La présence de la question environnementale dans le texte :

    Les thèmes écologiques sont-ils centraux ou marginaux dans le texte ?

    C’est autour de la connaissance du milieu et des gestes vitaux que se noue l’enjeu écologique, mais de ce fait, connaissance et sentiment de la nature ne sont ici explorés qu’à une échelle locale et interindividuelle : toute référence au monde réel, historique et politique, est estompée au profit d’un temps mythique. Le texte recourt à la fois à une taxonomie précise (des aloses au gerris rameur ou aux glaïeuls des marécages) et à une stylistique du mystère et de l’émerveillement : l’espace entier est peuplé d’« âmes ».

    Les événements liés à l’écologie sont-ils réels ou imaginaires ?

    Dans ce petit roman qualifié parfois de conte (notamment dans l’édition originale), la rivière est à la fois un milieu que ses habitants apprennent à connaître, au cœur d’une science populaire capable de dire quand il va pleuvoir ou dans quel coin nichent les martins-pêcheurs, et le lieu enchanté de souvenirs d’enfance aux accents merveilleux et nostalgiques. L’escapade transgresse le seuil d’un monde dépeint comme sauvage. En plein XXe siècle et alors que s’achève la seconde Guerre Mondiale, s’il reste possible de voir ainsi la nature comme un espace de mystères et d’initiation nourricière, n’est-ce pas seulement dans la mémoire nostalgique d’un humaniste réécrivant entre conte et roman d’aventures ?

    Le texte fait-il apparaître des personnages assimilables à des figures typiques en lien avec l’écologie ?

    Le vieux pêcheur qui prédit la pluie est incontestablement une forme de mage. Si les Bohémiens font figure de méchants et dangereux vagabonds, en quoi le texte confine à l’ethnotype, Gatzo est-il quant à lui un « Bon Sauvage » de Provence ? L’animisme diffus, enfin, fait d’à peu près tout un personnage, à l’image du sentier lui-même, un de ceux « qui vous accompagnent, avec lesquels on peut parler, et qui vous font […] un tas de petites confidences » (p. 114).

    Citations

    « Je perdis la notion du temps, du lieu et de moi-même, et je ne savais plus qui s’en allait, de ma barque ou de la rivière. Fuyait-elle, ou était-ce moi qui merveilleusement, sans rames, la remontais ? » (p. 39-40)

    « Gatzo prit quatre éperlans et une loche. Moi, un vairon. Dès lors nous menâmes une vie passionnante. Nous avions dans nos mains la nourriture ! Quelle nourriture ! Car ce n’était pas là un aliment banal, acheté, préparé, offert par d’autres mains, mais notre nourriture à nous, celle que nous avions pêchée nous-mêmes, et qu’il nous fallait nettoyer, assaisonner, cuire nous-mêmes.
    Or, les pouvoirs secrets de cette nourriture donnent à celui qui la mange de miraculeuses facultés. Car elle unit sa vie à la nature. C’est pourquoi entre nous et les éléments naturels un merveilleux contact s’établit aussitôt. L’eau, la terre, le feu et l’air nous furent révélés. » (p. 69-70)

    Mots-clefs

    campagne / régionalisme / pêche / France / eau / enfance / mysticisme / réenchantement

     

     

    Fiche réalisée par Bertrand GUEST                                    

    Catégorie générique

    Récit / Roman