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EcoLitt, le projet de recherche sur l'écologie en littérature


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    Journée d'études "Médiatisation(s) de l'écologie"

    Journée d'études "Médiatisation(s) de l'écologie"

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    Compte rendu de la journée d'études "Médiatisation(s) de l'écologie"

    BDIC de Nanterre, 16 mai 2014

    affiche de la journée d'études du 16 mai 2014

    Existe-t-il un « souci écologique » contemporain ? Si oui, pour qui ? Pour les médias, ou pour les individus (les auditeurs ou lecteurs) ? Le discours actuel sur l’environnement serait-il de l’ordre du fantasme écologique, d’une mythification ? Autant de questions soulevées et débattues le 16 mai 2014 à la BDIC de Nanterre lors de la journée d’étude « Médiatisation(s) de l’écologie ».

    Le 16 mai 2014 a eu lieu à la BDIC de Nanterre la journée d’études « Médiatisation(s) de l’écologie ». Cette journée pluridisciplinaire a permis la rencontre de chercheurs et chercheuses sociologues, philosophes, historiens ainsi que d’anciens journalistes impliqués à un moment de leur carrière dans l’écologie (Marc Ambroise-Rendu et Claude-Marie Vadrot).

    Les questions n’ont eu de cesse d’émerger des communications qui portaient toutes sur les interactions multiples entre l’écologie et les médias. En effet, l’écologie, domaine encore peu investi par exemple en histoire, quand il l’est en sociologie ou en communication, interroge par sa polysémie et son aspect protéiforme. On la rencontre dans les débats, on la remarque sur les unes des journaux, mais son sens semble devoir se défiler au fur et à mesure qu’on l’interroge.

    L’effervescence médiatique autour du « problème écologique » : un phénomène contemporain

    Au cours de la journée, il a été cependant admis que le « problème » écologique est un problème contemporain qui a principalement émergé dans les années 70 dans la plupart des médias. Comme le remarque l’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, cette époque fut celle d’une utopie et d’une effervescence médiatique qui offrit à l’écologie un contexte favorable pour éclore. Le débat s’alimente lorsque l’on parle de l’écologisme comme organisation politique (le parti actuel des Verts). Alors de nombreuses questions se posent : quel rôle les journalistes tiennent-ils auprès des acteurs politiques ? Les médias ont-ils le pouvoir de donner plus ou moins d’importance au mouvement de l’écologie par une priorisation différente des sujets « qui font l’actualité » ? (Guillaume Sainteny). En dehors de ces considérations politiques, Michel Dupuy remarque que les médias se focalisent parfois sur un problème écologique (tel que la prolifération de la plante Caulerpa Taxifolia dans la Méditerranée et sa possible nocivité), mais qu’ils opèrent une véritable sélection dans ce qui fera ou non l’objet de débats et d’attention médiatique.

    Les médias suscitent-ils vraiment une conscience écologique ?

    En philosophie et en sociologie, on s’étonne de l’hésitation des médias et des sciences humaines à aller interroger les sciences exactes (la biologie, notamment) pour évoquer les résultats scientifiques qui prouvent de facto le déclin de l’état de notre planète (Fabrice Flipo). Au lieu de s’attacher aux causes de ce déclin, on  préfère souvent évoquer les conséquences qui sont plus notables et qui ne demandent pas la maîtrise d’un quelconque savoir (Jean-Baptiste Comby). D’un point de vue sociologique, J.B Comby remarque également que les médias « dépolitisent » le débat climatique (car le réchauffement climatique semble être le sujet écologique de prédilection des médias) ; ils s’adressent aux individus et effectuent une opération de sensibilisation en leur parlant d’« écocitoyenneté ». De son côté, le sociologue Jean-Paul Bozonnet relativise l’impact des médias sur les individus, dont l’intérêt pour l’écologie serait à reconsidérer et surtout relativiser. Les médias ne seraient plus alors qu’un « facteur d’accompagnement » sans influence propre.

    Cassandre écologiste ?

    À deux reprises dans la journée ont été évoquées les « Cassandres » de l’écologie, ceux qui, comme René Dumont (Christian Delporte) ou comme les auteurs d’essais « alarmistes » sur l’environnement (Anna Despleuch) ont voulu attirer l’attention sur une urgence communément admise comme réelle mais souvent concrètement ignorée.

    Anaïs Boulard

    Pour en savoir plus:

    http://www.uvsq.fr/journee-d-etudes-mediatisation-s-de-l-ecologie-au-xxe-siecle-297009.kjsp